Hôpital des enfants - Les attaques de pitbulls sont les plus
mortelles, précise une pédiatre qui a réalisé une étude sur les morsures de
bambins.
laurence bézaguet
Publié le 10
mars 2006
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 Le berger allemand. Une morsure sur deux est due à ce
chien ou à une race croisée associée - S.
Nemeth |
Beaucoup trop dangereux pour la sécurité publique les pitbulls, rottweillers
et autres amstaffs? Le Conseil fédéral doit normalement décider aujourd'hui s'il
interdit ou pas certains chiens dits d'attaque. Réalisée à l'Hôpital des enfants
lors de l'année scolaire 2000-2001, une étude démontre pourtant que la majorité
des morsures ne sont pas dues aux molosses. «A Genève, comme au niveau mondial,
c'est le berger allemand qui sévit le plus. Une morsure sur deux est due à ce
chien ou à une race croisée associée», annonce Noemi Centeno, auteure de
l'étude.
Mômes de moins de 2 ans particulièrement
touchés
Mais précise aussitôt cette cheffe de clinique en chirurgie
pédiatrique: «Le berger allemand est une population canine très représentée. Les
chiffres seraient sans aucun doute différents si on comptait autant de pitbulls…
champions des attaques mortelles, eux, avec plus de 40% de ces drames à leur
compte.»
Alors qu'on a enregistré 3 cas mortels, au cours des dix
dernières années, en Suisse, on en recense 0 à 2 cas chaque année en France, et
entre 10 et 15 aux Etats-Unis.
Concernant le nombre de morsures, on
l'estime à 195 pour 100 000 habitants. Dans 60% des cas, ce sont les enfants qui
sont pris pour cible; les plus touchés ont moins de 6 ans et un tiers d'entre
eux a même moins de 2 ans.
Dans 75 à 80% des cas, l'animal-agresseur est
connu de sa petite victime: il appartient soit à la famille, soit à des voisins.
Un accident sur deux a lieu sans la surveillance d'un adulte. Il est dans 80%
des cas le fait de mâles, non castrés et jeunes (12 à 36 mois); dans 39% des
cas, le chien avait déjà mordu auparavant et dans 53% des attaques, il était
sans laisse.
2500 francs de soins en moyenne par enfant
Ces
agressions nécessitent parfois une hospitalisation en urgence. La doctoresse
Centeno relève que 40 à 50 enfants doivent ainsi être soignés, chaque année, en
pédiatrie. Ils viennent pour des blessures plus ou moins graves. Contrairement
aux adultes, généralement mordus aux mains et aux membres, les bambins sont
souvent agressés à la tête et au cou.
«Depuis que je travaille en
pédiatrie, je me suis rendu compte que certains chiens pouvaient être vraiment
agressifs, commente Noemi Centeno, qui a pansé de multiples plaies. Et quand je
vois la souffrance des enfants hospitalisés et le trauma psychologique qui s'en
suit, je suis convaincue qu'il faut prendre des mesures de protection… sans pour
autant pénaliser ceux qui aiment les bêtes.» En plus cela coûte cher à la
société. Entre les soins en ambulatoire ou lors d'hospitalisations – souvent de
plusieurs jours – «le coût moyen pour une morsure s'élève à 2500 francs par
enfant, suivi thérapeutique compris», informe la doctoresse.
45
chiens agresseurs
Suite à des morsures de chiens, 41 enfants ont été
soignés en pédiatrie lors de l'année scolaire 2000-2001. Certains ayant été
mordus par plusieurs chiens à la fois, voici la liste de leurs
agresseurs:
-
12 races croisées, dont 50% avec des bergers allemands
-
7 chiens sans race (3 petits, 3 moyens et 1 grand)
-
5 bergers allemands
-
4 rottweilers
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4 cockers
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2 fox-terriers
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2 bouviers bernois
-
2 labradors
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1 husky
-
1 caniche
-
1 golden retriever
-
1 briard
-
1 akita
-
1 collie
-
1 doberman
Gare aux chats qui mordent!
Sur
les 490 000 chiens qui vivent en Suisse, Genève en compte 30 000. La
concentration canine est donc énorme au bout du lac, constate Noemi Centeno: «Un
chien pour 10 km2 contre un chien pour 84 km2 en Suisse. Même si les canidés ne
courent évidemment pas les sommets alpins, il n'en demeure pas moins que la
concentration canine à Genève est 8 fois supérieure à la moyenne
nationale.»
Notre canton compte aussi beaucoup de chats. Et ceux-ci ne
risquent pas seulement de sortir leurs griffes; ils peuvent aussi parfois
mordre. Et là gare: le risque d'infection est nettement plus important qu'après
une morsure de chien.