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Huit millions de mordeurs potentiels
Entre 50 000 et 100 000 personnes se rendent chaque année aux urgences après avoir été mordus. Environ huit millions de chiens vivent en France, soit huit millions de mordeurs potentiels toutes races confondues. Dans sa dernière lettre d’informations, le Conseil de l’Ordre des vétérinaires tient à revenir sur quelques idées reçues. Un rappel des fait utile alors que les drames récents – le dernier remonte au 9 janvier, un petit garçon a été tué par le rottweiler de ses parents dans le Rhône – tendent à créer une certaine psychose. Selon le Conseil de l’Ordre des vétérinaires, environ 50 000 à 100 000 personnes se rendent chaque année aux urgences après avoir été mordus. Cependant, aucune étude ne précise la gravité de ces blessures. Chiffre cependant inquiétant : par an, environ 4 000 enfants subissent un acte chirurgical à la suite d’une morsure. Le nombre de décès, lui, s’élève entre 0 et 3 par an. En 2007, trois enfants sont morts attaqués par un chien. En août, un American staffordshire terrier a tué une fillette de dix-huit mois à Epernay. En septembre, un enfant de dix ans est mort, blessé par les deux dogues allemands de ses parents dans l’Oise. En octobre, un beauceron croisé malinois a causé le décès d’un bébé de dix-neuf mois à Bobigny. L’émotion provoquée par l’âge des victimes a largement contribué à la médiatisation de ces faits divers, créant ce sentiment d’insécurité. Pourtant, le nombre de décès n’a pas augmenté depuis dix-neuf ans. En 2006, trois cas d’attaques mortelles ont été recensés, une seule en 2005, deux en 2004, cinq en 2003, une en 2001, une en 2000, zéro en 1999… Contrairement à ce que ces cas laissent supposés, les chiens les plus mordeurs en France restent les labradors et les bergers allemands, les races les plus représentées en France – avec les caniches, yorkshires et épagneuls bretons. « Aucune étude scientifique n’a pu établir de lien entre race et comportement. Il n’y a pas d’un côté de races gentilles et de l’autre des races méchantes », raconte le Dr Claude Beata, vétérinaire comportementaliste. Mais, il est certain qu’une morsure de molosse – dobermann, dogue allemand, rottweiler, etc – sera toujours plus dangereuse. Attention aux conditions d'élevage Si le risque zéro n’existe pas, celui-ci peut toutefois être limité. La première précaution est de se renseigner sur l’origine du chien. « Le chiot doit avoir un contact continu avec la mère pendant huit semaines et dans le même temps un contact régulier et positif avec l’homme », explique le Dr Patrick Pageat, vétérinaire et professeur en pathologie comportementale. Il s’agit donc de bien se renseigner au moment de l’acquisition. « Dans les magasins, de nombreux chiots proviennent d’élevages clandestins, sevrés trop tôt, ils sont sujets à un comportement agressif », enchérit le Dr Beata. Conséquence de la médiatisation des morsures mortelles de chien : les abandons se multiplient. En quatre ans, le nombre de chiens a également baissé de 800 000 en France. Publié avec l'autorisation de l'auteur Judith Korber. Paru le 23/01/2008 sur Metrofrance.com
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